Saint Pierre Fourier - Chapitre 4 - Hozana

Saint Pierre Fourier - Chapitre 4

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« Le Bon Père de Mattaincourt », comme on l’appelle, est bien, selon ses propres dires, « à tout et à tous ». Il n’arrête jamais.

Témoin privilégié de la Contre-Réforme, il gagne à la foi catholique, par son exemple et par ses œuvres, non seulement ses paroissiens, mais bien au-delà de Mattaincourt, les lorrains, voire les étrangers. Sa réputation dépasse largement les limites du bourg au point que des gens de toutes conditions viennent écouter ses sermons et ses catéchismes. L’évêque de Toul sera lui-même témoin de cette ferveur. Il écrit au pape : « Mattaincourt semble être devenu un véritable monastère par l’ordre et la piété qu’on y remarque ».

Son charisme d’éducateur, la grande qualité de ses textes passeront les siècles au point que certains établissements scolaires portent aujourd’hui son nom.

Son œuvre sociale est immense, qu’il s’agisse de la santé, de l’hygiène, du secours aux plus nécessiteux, du financement des artisans.

Sa charge de curé s’accompagne d’une responsabilité municipale : par délégation des ducs de Lorraine, il rend la basse et moyenne justice. Tous les ans, il préside une Assemblée où sont élus pour l’année à venir le maître d’école, le marguillier chargé de gérer les biens de l’église,  un échevin et un lieutenant de Justice. Lors de ses jugements, les condamnations en amendes  viennent alimenter la Caisse de Crédit à 0% qu’il a fondée.

Outre ses activités pastorales, sociales et municipales, il travaille, à partir de 1622, avec l’évêque de Toul, à la réforme monastique de l’Abbaye de Saint-Pierremont afin d’en faire le premier centre de la Contre-Réforme. Travail difficile face à la rébellion des anciens moines. Mais une nouvelle Congrégation est fondée, conforme aux exigences du Concile de Trente.

Quant à la Congrégation de Notre-Sauveur à laquelle il appartient et qu’il a quittée dans les circonstances que l’on sait, elle est réformée par son ami, le Père Guinet. Désormais les Chanoines doivent « s’adonner à une large action apostolique », selon la règle de Saint Augustin. Le 8 août 1628, le Père Guinet a obtenu du pape Urbain VIII une Bulle pour tous les monastères existant en Lorraine ainsi que la reconnaissance de la Congrégation de Notre-Dame (Alix Le Clerc) et la Congrégation de Notre-Sauveur.

 

Mais Pierre Fourier ne terminera pas ses jours parmi ses ouailles.  En effet, 35 ans après son arrivée à Mattaincourt, il va être arraché bien malgré lui à sa chère paroisse. Son ami, le Père Guinet décède de la peste. On ne cherche pas longtemps son remplaçant. Le 20 août 1632, Pierre Fourier est élu à l’unanimité à la tête de la Congrégation. Malgré ses protestations, il doit confier Mattaincourt à un autre chanoine et assumer cette nouvelle charge. Il n’y exercera cette fonction que quatre ans. Car, cette fois, il sera rattrapé par l’histoire de la Lorraine.

Très patriote, il a toujours montré une grande fidélité aux Ducs de Lorraine. Or le Duché connaît une situation dramatique : la Guerre de Trente Ans (1618 – 1648) ravage les terres. Les Habsbourg, catholiques, sont en lutte contre les Etats allemands et scandinaves, protestants. Leur désir d’accroître leur hégémonie inquiète la France, catholique elle aussi. Paradoxalement, elle veut réduire leur puissance et cherche, en conséquence à s’établir sur le Rhin – donc à soumettre la Lorraine. Le Duc de Lorraine, Charles IV, ne possède pas les qualités de diplomatie de ses prédécesseurs, il est brouillon, néglige son peuple, se plaît à guerroyer avec les uns ou les autres concluant des alliances catastrophiques. Par trois fois, en 1631, 1632 et 1633, les Français envahissent la Lorraine. En 1635, ce seront les Suédois qui ravagèrent le duché, le laissant exsangue. Par la suite, Charles IV va gagner plusieurs batailles en Franche-Comté pour le roi d’Espagne qui lui en avait confié la défense.

En Lorraine où il est le Conseiller des Ducs, le patriote Pierre Fourier n’est plus considéré comme persona grata. En 1636, il doit s’exiler à Gray, en Franche-Comté. Ce sera sa dernière terre d’accueil. Malgré la guerre, ses horreurs, ses territoires dévastés, il s’applique à tous les devoirs de sa charge, de fondateur, de prêtre et d’homme. Car il ne cessera à Gray, comme il l’a fait à Mattaincourt d’aider ses concitoyens. Il dirige toujours ses deux Congrégations. A Gray, il rédige les Constitutions définitive des Sœurs de Notre-Dame, dites Les Grandes Constitutions. Fidèle à sa discipline de vie très austère, il n’accepte aucun confort, ni chauffage, ni un bon lit et continue à ne prendre qu’un repas par jour.

A partir d’octobre 1640, Pierre Fourier est gagné par une forte fièvre. Pourtant il continue la rédaction des Constitutions et de son testament spitrituel.

Le jour de sa mort, nous sommes le 9 décembre 1640 – il a 75 ans -  il remet à un prêtre le manuscrit des Constitutions et ses six derniers beaux avis à l’intention des chanoines de Notre-Sauveur, à savoir :

-  Gardez toujours une vraie charité mutuelle.

- Pratiquez l’humilité.

- Procédez entre vous avec une grande franchise et cordialité.

- Recherchez l’intérêt commun plutôt que le vôtre particulier.

- Ne faites rien sans conseil.

 -Recourez à la prière avant la moindre de vos entreprises

Les Sœurs, quant à elles, garderont, en testament, cette recommandation faite à Mattaincourt :« d’être toujours attentives à la vie, à ce qui la fait naître, à ce qui la fait croître, à ce qui la libère, prêtes à dénoncer tout ce qui la détruit. »

Il prononce ses dernières paroles : « nous avons un bon Souverain, Notre-Seigneur et une bonne Souveraine, Notre-Dame » puis, à 22 heures, il s’endort dans la Paix du Seigneur alors qu’il reçoit les derniers Sacrements. A ce moment, dans la nuit, les sentinelles, sur le rempart, voient s’élever dans le ciel une lueur qui se dirigeait vers la Lorraine.

Béatifié en 1730 par Benoït XIII, Saint Pierre Fourier sera canonisé en 1897 par Léon XIII.

Saint François de Sales, évêque de Genève et grand prédicateur, docteur de l’Eglise, fut son contemporain. Il disait n’avoir qu’un regret, ne pas avoir pu rencontrer Pierre Fourier. Ce dernier nous laisse l’image d’un homme de prière, d’un prêtre marial, d’un bon pasteur se donnant sans compter au service de ses contemporains, et d’un éducateur à l’esprit conciliaire. Un Saint étonnamment vivant et moderne.

 

Gardons précieusement dans nos cœurs les six beaux avis de Saint Pierre Fourier et plus particulièrement le dernier, comme point de départ de toute action : « Recourez à la prière avant la moindre de vos entreprises ». Dans nos rapports avec nos semblables, sachons mettre en œuvre une délicatesse, une sensibilité qui ressemblent à celles de ce grand Saint et que lui dictait son immense amour envers ses contemporains.

En évoquant sa mémoire et son culte à la Vierge Marie, la bonne Souveraine, prions afin de mettre en pratique ses «  beaux avis » dans nos diverses entreprises et nos comportements quotidiens.

Prions avec Marie en cliquant sur le bouton "je prie".

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

5 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Malou
place Le Robert, il y a 1 an
En grande union de prière 🙏
Marie-Thérèse
place Quincy-Voisins, il y a 1 an
En union de prières - Amen -
Nadine
place Herblay, il y a 1 an
Amen.