Sainte Marguerite-Marie Alacoque - Chapitre 1 - Hozana

Sainte Marguerite-Marie Alacoque - Chapitre 1

Sainte Marguerite-Marie Alacoque - Chapitre 1

La petite Marguerite a seulement cinq ans. Déjà, dans ce tout jeune âge, elle est habitée par l’amour du Seigneur. Ce jour-là, en visite chez sa marraine, il lui est révélé dans l’Eucharistie. En effet, une messe y est célébrée et elle déclare, inspirée par le Christ :

Mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté. 

Même si, toute petite fille, elle ne saisit pas bien la portée de ses paroles, avec le don d’elle-même, sa vocation religieuse est déjà ancrée en elle.

Née le 22 juillet 1647 à Vérosvres dans les monts du Charolais, elle est le cinquième enfant de Claude Alacoque et de Philiberte Lamyn, une famille de notaires, bourgeois aisés, fervents chrétiens qui jouissent d’une bonne position sociale dans leur paroisse.

La fillette ne connaît les douceurs de la vie familiale que pendant les premières années de sa vie. Car elle a le malheur de perdre son père à l’âge de 8 ans. Ce deuil douloureux s’accompagne d’autres épreuves qui viennent assombrir son enfance. Après une année passée chez les Clarisses de Mâcon où elle fait sa première communion, elle est gravement atteinte, en 1657 - elle a tout juste dix ans - d’une maladie osseuse qui va la faire souffrir pendant quatre ans. Sa vie familiale devient également très difficile. Sa mère qui ne sait comment gérer les affaires dont s’occupait son mari (et notamment leurs biens fonciers) fait, pour son malheur, confiance à son beau-frère, Toussaint Delaroche. Aussi signe-t-elle, en sa faveur, une renonciation à ses revenus. En contrepartie, il s’engage à assurer son entretien et celui de ses cinq enfants. Il s’agit en fait d’un marché de dupes. La famille Delaroche va s’installer dans la maison, confisquer tout usage des biens et reléguer Madame Alacoque au rang de domestique. Marguerite et sa mère vivent douloureusement cette longue période de persécutions. Mais une immense grâce va venir éclairer leur sombre quotidien. Le jour où Marguerite fait le vœu à la Vierge de se consacrer à la vie religieuse, après quatre années de souffrances, elle est guérie de sa maladie sur-le-champ. C’est pourquoi elle ajoute à Marguerite le prénom de Marie. Et sa dévotion à Marie ira croissant, sous le signe d’une confiance absolue. Elle écrira plus tard :

J'allais à elle avec tant de confiance qu'il me semblait n'avoir rien à craindre sous sa protection maternelle. Je me consacrais à elle pour être à jamais son esclave, la suppliant de ne pas me refuser en cette qualité. (…). Si je suis entrée à la Visitation, c'est que j'étais attirée par le nom tout aimable de Marie. Je sentais que c'était là ce que je cherchais.

Plus tard, lors de sa vie religieuse, elle tombera à nouveau malade, et c'est encore la Vierge Marie qui la guérira et lui dira :

Prends courage, ma chère fille, dans la santé que je te donne car tu as encore un long et pénible chemin à faire, (…) mais ne crains rien, je te promets ma protection.

Face aux persécutions familiales dont elle est l’objet, elle trouve réconfort dans la prière et c’est alors qu’elle a les premières visions du Christ qui lui apparaît généralement sur la croix. Curieusement, elle ne s’en étonne pas. Elle pense que tous bénéficient de ce genre de manifestations. C’est au cours de cette période que le Christ Lui-même lui apprend à prier et à se recueillir dans l’oraison du cœur : elle doit se prosterner, demander pardon pour ses fautes puis Lui offrir ce moment de prière.

Quand elle a dix-sept ans, sa famille peut enfin récupérer ses biens et sa mère souhaite l’établir dans le monde. Or, dès cette époque, la jeune fille s’impose des mortifications dont elle est constamment meurtrie. Cependant elle accepte des sorties mondaines, se pare de quelques ornements, va jusqu’à porter un masque de carnaval pour faire plaisir à ses frères. Autant de « fautes » qu’elle pleurera le reste de sa vie. Un soir où elle a été entraînée au bal, le Christ lui apparaît pendant sa flagellation. Il lui reproche son infidélité tandis qu’il ne cesse, dit-il, de lui donner tant de preuves de son amour. Il continue à la former et à lui apprendre l’oraison :

Mon Souverain Maître m’apprit comme Il voulait que je la fisse ; ce qui m’a servi toute ma vie. Il me faisait prosterner humblement devant Lui, pour Lui demander pardon de tout en quoi je L’avais offensé, et puis, après L’avoir adoré, je Lui offrais mon oraison sans savoir comment il fallait m’y prendre. Ensuite Il se présentait Lui-même à moi dans le mystère où Il voulait que je Le considérasse et Il appliquait si fort mon esprit en tenant mon âme et toutes mes puissances englouties dans Lui-même que je ne sentais point de distraction mais mon cœur se sentait consommé du désir de L’aimer et cela me donnait un désir insatiable de la Sainte Communion et de souffrir. 

Sa vocation se précise et elle visite plusieurs couvents, hésite jusqu’à ce jour où elle se rend à Paray-le-Monial chez les Visitandines. Et là, elle entend une voix intérieure impérative : 

C’est ici que Je te veux.

 

Avant de clore ce chapitre, écoutons Sainte Marguerite-Marie remercier le Seigneur des grâces dont Il l’a comblée :

Ô mon unique Amour ! Combien vous suis-je redevable de m’avoir prévenue dès ma plus tendre jeunesse, en vous rendant le Maître et le possesseur de mon cœur, quoique vous connussiez bien les résistances qu’il Vous ferait. 

Nous aussi, dans notre vie quotidienne, opposons toute sortes de résistances à l’Amour du Christ si tendre, délicat et exigeant à la fois. En assistant à notre tour au martyre de Sa flagellation, demandons pardon au Seigneur pour tant de péchés, d’erreurs, de manques, de défaillances… Vierge Marie, Vous que Marguerite-Marie a tant aimée, aidez-nous à faire oraison, offrant notre cœur à Votre Fils bien-aimé afin qu’il en fasse sa demeure.
Je vous salue, Marie…


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

6 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Christian
place Lannion, il y a 1 an
Amen! Sainte marguerite Alacoque priez pour moi, pour Lisa et Stefen, pour nous !
Marie-Thérèse
place Quincy-Voisins, il y a 1 an
En union de prières - Amen -
Nadine
place Herblay, il y a 1 an
Seigneur, j'ai confiance en vous! AMEN!