Sainte Elisabeth de la Trinité - Chapitre 1 - Hozana

Sainte Elisabeth de la Trinité - Chapitre 1

Sainte Elisabeth de la Trinité : 1880 – 1906

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Chapitre 1

« Cette enfant a une volonté de fer » déclare son institutrice, « il faut qu’elle arrive à ce qu’elle désire ».  Et si elle n’y arrive pas, elle lance des regards furieux et entre dans d’affreuses colères. Comment dompter ce terrible caractère ? En même temps, la petite Elisabeth a le cœur si tendre, si affectueux. C’est pourquoi certains prétendent qu’elle sera soit un ange, soit un démon. Elle fut un ange.

Elisabeth Catez, comme de nombreux enfants de militaires – son père est capitaine - naît dans une garnison, au camp d’Avor, près de Bourges, le 18 juillet 1880. Trois ans plus tard, une autre petite fille arrive dans la famille, Marguerite, dite Guite, sa sœur chérie. Son enfance heureuse et tranquille est bientôt endeuillée. Début 1887, elle perd d’abord son grand-père, venu vivre à Dijon, chez ses parents après la mort de son épouse. Et surtout, le 2 octobre, son père meurt subitement dans ses bras d’une crise cardiaque. La souffrance fait alors brusquement irruption dans la vie de la petite fille et ce traumatisme va marquer sa jeunesse. La disparition du père entraîne aussi un changement de vie. Il faut renoncer à la maison familiale et s’installer à Dijon dans un appartement.

Un an plus tard, à huit ans, elle fait sa première confession et ce jour est, pour elle, déterminant. Elle dira plus tard qu’il fut celui de sa « conversion », celui de son éveil au divin. A tel point qu’elle commence à parler de vocation et confie à un prêtre qu’elle souhaite devenir religieuse. Pour l’heure, elle poursuit ses études, avec difficulté parfois. Brouillée avec l’orthographe, elle suit des cours particuliers. L’interruption des vacances est d’autant plus la bienvenue que la splendeur de la nature l’émerveille. Elle découvre les montagnes avec ravissement, Pyrénées, Jura, Vosges et Alpes suisses : « Toute la nature me semble si pleine de Dieu, écrit-elle : le vent qui souffle dans les grands arbres, les petits oiseaux qui chantent, le beau ciel bleu. Tout cela me parle de Lui. »

En 1891, à l’âge de onze ans, vient le jour de sa première communion. Elle garde un souvenir ébloui  de cet instant :

« Où Jésus fit en moi sa demeure

Où Dieu prit possession de mon cœur

Tant et si bien que, depuis cette heure,

Depuis ce colloque mystérieux

Cet entretien divin, délicieux

Je n’aspirais qu’à donner ma vie,

Qu’à rendre un peu de son grand amour

Au Bien-Aimé de l’Eucharistie

Qui reposait en mon faible cœur

L’inondant de toutes ses faveurs. »

Le soir même, Mère Marie de Jésus, la Supérieure du Carmel, lui donne une image avec l’explication de son nom : en hébreu, Elisabeth signifie Maison de Dieu. Un prénom prédestiné pour celle qui écrira plus tard « Je veux faire Son bonheur. Le rendre heureux en Lui faisant une demeure et un abri en mon âme et que là Il oublie, à force d’amour, tout ce que les mauvais font d’abominations. »

A quatorze ans, Elisabeth fait un vœu de chasteté après avoir communié et entendu en son âme le mot Carmel. Cet appel ne la quittera plus même si elle vit comme toutes les jeunes filles de son âge, partageant son temps entre études, sorties et activités diverses avec une large place faite à la musique. C’est en effet dans ce domaine que sa sensibilité s’exprime à merveille et qu’elle se révèle très douée. Elle suit des cours de solfège et se montre brillante au piano au point de remporter, à 13 ans, le premier prix du Conservatoire de Dijon. Les journaux locaux parlent de la jeune virtuose qui interprète avec un tel talent Liszt, Chopin et Schumann. Elle n’en tire pas orgueil, attentive à son Bien-Aimé qui vit en elle.

Jeune fille, elle sort, participe à des soirées, à des dîners mondains et s’exécute de bonne grâce quand on lui demande de jouer du piano. A 18 ans, elle commence un journal où elle confie son goût pour la toilette. Plutôt coquette, elle se plaît à porter de jolies robes, des gants et des bijoux dont on lui a fait cadeau.

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Par-dessus tout, elle est attentive à cet appel de Dieu qu’elle ressent depuis sa première confession. Il lui faut d’abord vaincre ses démons, ce tempérament colérique contre lequel elle ne cesse de lutter. Dans son journal, elle consigne ses efforts et les victoires obtenues qu’elle offre à « son » Jésus. Mais il lui en coûte.  « Il me semble, écrit-elle, lorsque je reçois une observation injuste que je sens bouillir mon sang dans mes veines tant mon être se révolte… Mais Jésus était dans mon cœur et alors j’étais prête à tout supporter pour l’amour de Lui. »

Elle participe aux activités de la paroisse, chorale, catéchisme. Elle s’occupe des jeunes pendant le mois de Marie et les emmène en promenade. Mais son désir de devenir carmélite grandit en elle. Elle en fait part à sa mère à de nombreuses reprises mais celle-ci fait la sourde oreille. Elle a, pour sa fille, des projets de mariage dont Elisabeth, qui sans cesse réaffirme sa volonté d’entrer au Carmel, n’a que faire. Pour finir, sa mère l’autorise à rencontrer la Supérieure du couvent mais elle exige qu’Elisabeth atteigne sa majorité, soit vingt et un ans, pour entrer dans les ordres.

En 1899, au cours d’une retraite, elle lit  Chemin de Perfection de Sainte Thérèse d’Avila et elle découvre la phrase de la Sainte : « Il faut me chercher en toi. » Ces quelques mots vont être au centre de sa spiritualité et tandis qu’elle découvre cette « habitation de la Trinité », elle connaît des moments d’extase et de ravissements sublimes « où l’âme oublie tout et ne voit que son Dieu. » Après cela, l’oraison ordinaire lui paraît dure et pénible… A ces moments d’extase en succèdent d’autres où Jésus l’associe à sa souffrance. Comme disait Pascal, « Jésus est en agonie jusqu’à la fin du monde ». Le Christ demeure en effet dans un instant éternel où Il récapitule tout ce qu’Il a vécu, souffert et offert quand Il était sur la terre. Un Dieu que nous continuons à crucifier par notre indifférence. Elisabeth écrira plus tard : « Ce Dieu tout Amour qui n’est rien qu’Amour, un Dieu qui ne peut nous atteindre que par son Amour de même que nous ne pouvons le joindre que par le nôtre. Un Dieu donc désarmé, un Dieu fragile, un Dieu que n’importe qui peut tuer, un Dieu qui ne pourra jamais nous contraindre, un Dieu qui ne pourra jamais s’imposer, un Dieu qui ne pourra que mourir de tous nos refus d’amour. »

Ce que nous faisons pour Le consoler aujourd’hui est aussi présent en Lui. Elisabeth vit très fort cette souffrance car elle entend Jésus lui dire : « Te sens-tu assez d’amour pour ton Jésus ? Acceptes-tu ces souffrances ? Veux-tu Me consoler ? Ah, je suis si abandonné… ma fille, ne me délaisse pas. Je veux ton cœur, Je l’aime. Je l’ai choisi pour Moi. J’aspire au jour où tu seras toute à Moi. »

 

De toute son âme, Elisabeth répond et ce sera la fin de son Journal intime : «  Prends-moi ! Prends ma volonté ! Prends tout mon être ! Qu’Elisabeth disparaisse, qu’il ne reste que Jésus ».

Avant d’entrer au couvent, elle veut imiter les religieuses et commence à se mortifier à tel point que sa fatigue est extrême. La Mère Supérieure du Carmel lui signifie qu’il existe d’autres mortifications que le jeûne, par exemple vivre avec foi l’opposition de sa mère à son entrée au Carmel. D’autres difficultés surviennent bientôt. Elle vit une absence de Dieu. Sa foi n’est plus que de la volonté pure. Elle se dit « insensible comme une bûche ». Elle n’arrive pas à prier et se trouve, dans ces moments-là, comme devant « un mur épais. » La date de son entrée au Carmel approche. La Mère Supérieure souhaite qu’elle entre à Paray-le-Monial dans un Carmel en cours de fondation. Mais sa mère, Marie Catez, s’y oppose de sorte qu’Elisabeth fait son entrée au Carmel de Dijon.

 

 Prions avec Elisabeth de la Trinité qui nous parle :

« Si vous saviez comme Il vous aime et vous veut tout près de Lui. Vivez en son intimité. Il est l’Ami qui veut être aimé par-dessus tout.

Par tous nos actes, disons-Lui notre amour en faisant toujours ce qu’il Lui plaît. Il ne nous laissera pas seul(e)s mais demeurera au centre de notre âme pour être Lui-même notre Fidélité »

Avec Elisabeth, disons à Jésus notre amour et demandons-Lui de demeurer en notre âme.

Prions avec elle la Vierge Marie. Car Sa dévotion à Marie fut immense. La Vierge était pour elle le modèle des âmes intérieures : « une créature dont la vie fut si simple, si perdue en Dieu qu’on ne peut presque rien en dire : Virgo fidelis. C’est la Vierge fidèle, celle « qui gardait toutes ces choses en son cœur»

 

Je vous salue, Marie…

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

3 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Marie-Thérèse
place Quincy-Voisins, il y a 1 an
En union de prières - Amen -
Gilberte
 il y a 1 an
St Elisabeth de la Trinité par vos prières aidez-moi à aimer Jésus pour ce qu'Il est notre Sauveur.