Quatrième dimanche de Carême - Hozana

Quatrième dimanche de Carême

Quatrième dimanche de Carême

Image : église abbatiale de Mondaye.

Méditation

Saint Paul nous invite à accueillir la Parabole de l’enfant prodigue en en faisant la compréhension symbolique. En effet Saint Paul nous dit : 

Au nom du christ, nous vous demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous devenions justice de Dieu. (2 Cor. 5, 21)

Le Christ, le Fils de Dieu, "identifié au péché" des hommes… Est-ce que nous ne pouvons pas reconnaître là l’enfant prodigue ? Un enfant qui a quitté son Père pour vivre une humanité pécheresse sans avoir jamais péché ?... Nous touchons ici la réalité du  mystère de l’Incarnation en une fresque extraordinaire. Osons dire que cette parabole parle du Christ, elle nous dit son parcours.

Le fils qui prends son héritage et quitte son père, c’est l’homme qui, dès les origines, a voulu accaparer l’héritage. Et "il part dans un pays lointain" : il s’est éloigné de son Créateur, son Père. Laissé à lui-même il mène une vie de désordre ; le Père n’est plus là pour veiller sur lui, il perd tout et se trouve dans la plus grande indigence. C’est là, dans cette situation de l’homme que le Fils vient rejoindre l’homme ; il dira à ses disciples : "Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde" (Jn 16, 27). Et Saint Paul dira dans la lettre aux Galates : "Christ a payé pour nous libérer de la malédiction de la Loi, en devenant lui-même malédiction pour nous" (Ga 3, 13).

Jésus lui-même dit à Zachée : "En effet, le Fils de l’home est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 20). De fait, le Fils de l’homme, pour rejoindre tout homme "s’est dépouillé prenant la condition de serviteur (esclave)" (Ph 2, 7). La tradition parlera d'ailleurs de sa descente aux enfers pour rejoindre tous ceux qui étaient dans l’attente.

Et là, au plus loin, le Christ va entreprendre le chemin du retour mais avec tout le poids de l’humanité. "Comme un surgeon il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride" : le fils de l’homme vient chercher l’homme dans le désert des hommes. Objet de mépris, abandonné des hommes, humainement, Jésus va se trouver dans la plus grande solitude. "Méprisé, nous n’en faisions aucun cas… Or, ce sont nos souffrances qu’il portait… Lui,  il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes…" (Is 53, 2, 4 & 5).

Le Christ, en son long chemin de retour vers le Père, ne souffrira pas seulement de toute la souffrance de l’homme, mais il a pris sur lui les crimes de l‘homme, nos fautes, pour donner à l’homme de s’alléger et de prendre avec lui la route vers le Père. 

C’est bien ce que dit Jésus : "Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et moi je vous soulagerai" (Mt 11, 28)… mais en prenant sur lui nos fardeaux.

Et voilà qu’au bout de la route, c’est la rencontre avec le Père ; mais ce sont les bras de la Croix, expression de l’amour suprême, qui sont les bras du Père. "Père, glorifie ton Fils afin que ton Fils Te glorifie" (Jn 17, 1). Mais alors c’est l’explosion de la joie du Père : "Mon Fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé " (Lc 15, 24). Le Christ a réalisé un douloureux et glorieux parcours : "Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde, tandis qu’à présent je quitte le monde et je vais au Père" (Jn 16, 27).

Ce parcours du Christ n’est pas une réalité d’autrefois ! A chaque Eucharistie, nous vivons l’acte unique d’offrande du Christ dans l’amour. Par sa Parole je le découvre dans ma vie, il me rejoint dans mon désert, dans mon état d’indigence et je l’entends : "Décharge-toi sur moi, confie moi tes péchés, tes fardeaux… avec moi il faut que tu marches aujourd’hui, demain et le jour suivant" (Lc 13, 33). Il est lui-même le chemin, le pain de la route.

Tout au long de la route vers le Père, nous faisons l’expérience d’un désir et d’une attente de plus en plus pressante dans l’amour, pour qu’un jour je puisse entendre le Père me dire : "Tu étais mort et tu es revenu à le vie, tu étais perdu et je t’ai retrouvé" (cf. Lc 15, 24).

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

5 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

GJ
place Metz, il y a 1 an
"Seigneur Jésus, Tu es le Chemin de ma vie, Tu es le Pain de ma route..., vers le Père." Amen.
Remie
 il y a 1 an
Seigneur aide nous à aimer sans condition comme tu ns aimes et à donner sans rien attendre en retour. Amen
Michel
 il y a 1 an
En union de prières.
Louise
place Montréal, il y a 1 an
Merci Seigneur pour le don de toi-même, souverainement libre; merci pour le don de ta Parole et de ton Eucharistie où tu fais en nous le plus admirable échange. Tu sais notre faiblesse et notre inconscience et tu ne t'es pas détourné , au contraire tu nous attends et de loin tu anticipes les retrouvailles.... apprend-nous à aimer du même Amour librement. Défais toutes nos chaînes, prends tous nos fardeaux et que nous entrions dans la joie du Père. Amen.
Pierre
 il y a 1 an
Pourquoi le père a-t-il laissé partir l'enfant prodigue ? Il devait bien le connaître et se douter de ses problèmes futurs ? Mais peut-être est-ce parce qu'il le connaissait bien qu'il savait qu'il ne l'écouterait pas. Nous-mêmes, comme le fils prodigue, n'avons-nous pas souvent besoin de faire l'expérience de la souffrance pour comprendre les conseils de ceux qui nous aiment ?