Saint Gilles - Chapitre 3 - Hozana

Saint Gilles - Chapitre 3

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La biche de Saint Gilles échappe aux soldats de Wamba. 

Ici sous un épais feuillage, Il veut vivre seul avec Dieu, dit de Gilles le cantique populaire. 

Au pied des collines, où se situe la baume qui abrite le saint, jaillissent des sources et l’une d’entre elles va lui fournir une eau pure. Dans une conque qu’elle rafraîchit, pousse un cresson dont Gilles va faire son ordinaire. Comme il déblaie les abords de la grotte, un léger bruit attire son attention. Il se redresse et voit surgir d’un taillis une jeune biche, toute blanche, très belle. Il est sous le charme. L’homme et l‘animal se regardent. Gilles, très ému par cette apparition, voit la bête se coucher près de lui. Ses mamelles sont pleines et elle consent à ce qu’il se nourrisse de son lait. Il remplit son écuelle, caresse la jolie tête de l’animal qui l’a choisi pour ami. Dès lors, elle ne le quittera que pour vagabonder et paître avant de revenir auprès de lui, lui offrant sa chaleur et son lait. Il accepte ce don de Dieu qui le confirme dans son choix d’une vie érémitique.

Etranger au monde, Gilles ignore tout, à présent, de ce qui n’est pas le service et la gloire de Dieu. 

Pourtant, non loin de lui, à Nîmes, les événements se précipitent. Nous avons vu que la Septimanie faisait alors partie, avec l’Espagne, du royaume des Wisigoths. Or, dans ce pays, une guerre de succession fait rage. Le dernier roi Wisigoth étant mort sans descendance, les chefs de la nation ont élu un prince chrétien, Wamba. Acclamé en Espagne, ce roi élu n’est pas reconnu en Septimanie, notamment à Nîmes où le comte Hildéric, gouverneur de la ville, a chassé l’évêque Arégius demeuré fidèle aux Wisigoths. Wamba a alors envoyé un certain duc Paul pour combattre les rebelles. Mais celui-ci a trahi, s’est fait élire roi de Narbonne et a occupé la ville de Nîmes, foyer de la résistance à Wamba. Aussi Wamba a-t-il décidé de faire le siège de la ville. 

Pendant que Gilles prie, médite et rend grâce, à la tête de 40000 hommes, Wamba vient camper au pied de la forteresse et déploie ses troupes. Les assiégés résistent longtemps mais bientôt Wamba est vainqueur. Magnanime, il fait grâce de la vie au duc Paul et à ses complices, s’installe dans la ville pour savourer sa victoire. Quant à ses soldats, après les dangers de la guerre, ils prennent du bon temps. Ils s’adonnent au plaisir de la chasse et, un beau jour, un détachement s’enfonce dans la forêt où Gilles demeure. Tout à coup, sous le couvert, ils découvrent une magnifique biche blanche qui broute paisiblement. Surprise, elle étend le col et s’enfuit, poursuivie par les chasseurs et leurs chiens. La légende raconte qu’elle fut poursuivie longtemps et que chaque fois que les chiens la rattrapaient, elle s’échappait à nouveau. Après plusieurs heures de cette vaine poursuite, les chasseurs voient leurs montures si fatiguées et en sueur qu’ils décident de renoncer. Mais, de retour à Nîmes, le souvenir de la biche merveilleuse les hante et ils en parlent au roi Wamba. Ils décrivent l’animal, son élégance, la beauté de sa robe avec un tel enthousiasme que le roi décide de partir la chasser à son tour. Dès le lendemain, il chevauche avec sa suite et aperçoit, au détour d’une sente, la superbe bête. Il ordonne la poursuite mais bientôt la biche s’enfonce dans un fourré si impénétrable que les cavaliers ne peuvent suivre. A tout hasard, un officier décoche une flèche qui semble avoir atteint l’animal car il ne reparaît plus. A pied, cette fois, les chasseurs s’enfoncent à sa recherche dans le taillis et se trouvent bientôt devant une grotte ombragée où gît un homme blessé, la flèche ayant transpercé sa main qui saigne en abondance. A ses pieds, la biche est couchée et ne manifeste aucun effroi. Le saint accueille ses étranges visiteurs avec un sourire tandis que le roi et sa suite, émus et contrits, le saluent. Ils s’empressent de le secourir et bientôt Wamba qui, d’un regard à la grotte a compris que Gilles vivait là en ermite, lui demande de lui conter sa vie. Wamba se prend bientôt d’amitié pour cet homme doux et humble qui vit dans le dénuement le plus extrême. Il reviendra souvent le voir et voudrait le combler de biens mais Gilles n’en a cure. Ce roi très chrétien, impressionné par l’ermite, se fera parfois accompagner de l’évêque Arégius. Il persuade le saint d’accepter ses faveurs pour répandre le culte de Dieu sur la terre en fondant un monastère. Et Gilles consent dès lors que des moines pourront prier Dieu de l’aurore à la tombée de la nuit et du soir jusqu’à l’aurore.

Ainsi, tandis que Wamba, après lui avoir donné des terres qui s’étendent jusqu’à la mer, reprend plus tard la route des Pyrénées, commencent à retentir dans la vallée flavienne (du nom de Flavius Wamba) les haches des bûcherons. Peu à peu, à l’emplacement d’un site gallo-romain, un nouveau monastère s’éleve vers le ciel. 

Pour l’histoire, disons que Wamba dont les réformes étaient contestées en Espagne, décida par la suite d’abdiquer en faveur d’un noble qui avait tenté de l’empoisonner, le comte Ervige. Il se retira dans un monastère près de Burgos. Wamba fut le dernier roi des Wisigoths de quelque importance. L’un de ses successeurs, Rodéric, ne put résister à l’invasion arabe qui, en soumettant l’Espagne, mit fin au règne des Wisigoths.

Tandis que les bâtiments du monastère sortent de terre, l’évêque Arégius qui reste proche de Gilles prépare au sacerdoce le futur Abbé et bientôt l’ordonne prêtre. Très vite les disciples affluent, attirés par la vie monastique et la renommée du saint.

Un doute plane aujourd’hui sur l’identité du monastère. Il se nommait avant l’an 1000 Saint-Pierre en Gothie comme l’atteste une bulle datée des premières années du Xe siècle et serait donc distinct de celui de Saint Gilles. Il semble pourtant que ce soit bien Gilles lui-même qui ait décidé de le consacrer à l’apôtre Pierre. De fait, on imagine mal comment il aurait pu se dédier à lui-même son monastère... Plus tard, son culte se répandant, l’abbaye qui contient ses reliques lui fut consacrée.

Ce nouveau couvent où il avait adopté la règle de Saint Césaire, devient vite prospère et le saint n’a de cesse d’en faire hommage au pape.

En 685, il entreprend le voyage de Rome pour rencontrer le Saint Père qui promulgue une bulle dont voici un extrait :

Nous défendons à tout homme, roi, duc ou comte, à leurs officiers et parents, d’usurper une domination quelconque sur ce monastère, sur ses habitants ou sur leurs biens.

De retour de Rome, il se consacre à ses tâches de Père Abbé. Nous ne savons pas si, à l’exemple de Saint Colomban, il délaisse parfois le monastère pour retrouver, dans sa baume, la vie érémitique qu’il s’était choisie et qu’il avait dû abandonner pour obéir à la volonté du Seigneur.

Toutefois la paix de Dieu qui règne en lui et autour de lui est bientôt menacée par des rumeurs venues d’Espagne. Les arabes se sont rendus maîtres du pays et ambitionnent à leur tour, de franchir les Pyrénées. Ils ont pour réputation de terroriser les populations et de saccager villes, églises et édifices religieux. Selon la légende, une révélation divine avertit le saint du danger. Toujours est-il qu’il a le temps d’organiser son départ et celui des moines, emportant reliques, vases sacrés, précieux manuscrits, pierre d’autel. Avec courage, malgré le chagrin de quitter ce lieu sacré, Gilles, moines et novices prennent la route du nord.

La vie de Saint Gilles, telle qu’elle nous est rapportée témoigne de nombreux miracles. Le rapprochement avec les guérisons opérées par Jésus est clair. De fait, tous les actes accomplis par le saint montrent combien sa vocation est évangélique, à commencer par la distribution de tous ses biens aux pauvres. Gilles est, à part entière, un disciple du Christ. 

Quel est pour nous l’enseignement de ce moine-ermite ? Sûrement de nous approprier l’Evangile chaque jour davantage, d’en vivre au quotidien, d’aimer Dieu et d’agir en son nom, à l’exemple du saint. Et de le prier pour qu’il nous aide. Avec le soutien de la Vierge Marie.

Je vous salue, Marie...

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

3 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Pascale Laurence
place Montpellier, il y a 1 an
Je ne connaissais pas la vie de Saint-Gilles: merci infiniment. Je prie pour lui, Amen.
Florence
place Plouray, il y a 1 an
amen fiat
jean
place Haguenau, il y a 1 an
Saint Gilles priez pour nous